Avez-vous les papiers du véhicule ?

Une entreprise chinoise fascine les fans d’automobiles par ses reconstitutions en papier de véhicules à taille quasiment réelle destinées à servir aux rituels de deuil asiatiques. Un article qui vous intéressera plus si vous êtes mort.

Une Wolkswagen coccinelle en papier, taille presque réelle.
© Dachanglong Paper Company

Faut-il avoir peur de l’enfer ? Ça dépend. Ça dépend de l’enfer, en premier lieu. Si celui qui vous attend est le Di Yu, par exemple, ça peut aller. Le Di Yu, est une vision de l’après-vie courante dans tout le continent asiatique. On l’appelle souvent « l’enfer chinois » mais c’est un terme un peu grossier. Il faut plutôt y voir une approche commune et syncrétique, comme tente de nous faire comprendre Wikipédia :

Basé sur le concept bouddhiste de Naraka combiné aux croyances traditionnelles chinoises concernant l'au-delà, le concept de Di Yu incorpore des idées taoïstes, bouddhistes et issues de la religion populaire.

Ce qui est un peu long, je vais donc l’appeler l’enfer chinois.

Statuettes de juges infernaux chinois. Ils ont une apparence humaine mais un sourire peu avenant. Sardonique, même.
Figurines du XVIème siècle (dynastique Ming) représentant trois des dix juges du Di Yu. CC Royal Ontario Museum / Wafulz / Wikimedia Commons

Parmi les quelques points positifs —pour parler comme un site de réservation— du Di Yu, notons ses nombreux juges susceptibles de vous pardonner vos péchés. Mais aussi et surtout, vos enfants pourront veiller à vous assurer une après-vie relativement confortable pour peu que vous ayez réussi à en avoir des pas trop cons et pas trop ingrats (désolée, Donald). Il leur suffit pour cela de brûler des offrandes de papier qui, une fois consumées, trouveront leur chemin jusqu’à votre âme. La pratique la plus courante est d’incinérer des billets de banque, en particulier lors de fêtes traditionnelles. Mais tout est possible, comme des cigarettes, de tables de mah-jong, des sacs Vuitton ou, nous conte cette semaine The Autopian, des voitures.

Fondé en 2022 pour « créer du contenu amusant et engageant qui génère une communauté inclusive soudée autour de l’automobile », ce webzine s’ébahit cette semaine pour les créations de la Dachanglong Paper Company. Plus particulièrement pour sa production de cylindrées en carton et papier à l’échelle (quasi) 1:1, vendues pour être brûlées à l’attention des défunts : 

Un conflit mondial est en cours et nous sommes en train de le perdre. Enfin, « nous », ça ne vaut que si vous n’êtes pas de Chine et plus spécifiquement de la Dachanglong Paper Company (大昌隆紙號), qui semble être le numéro 1 au monde des voitures en papier grandeur presque nature, faites pour être brûlées dans le respect des rituels de deuil traditionnels.
Voilà une fantastique Coccinelle ! Je pense même pouvoir identifier l’année —une 68 ou 69, je dirais. Plus moderne, cette Alfa est tout aussi impressionnante : vous remarquerez qu’elle intègre un véritable intérieur, avec des sièges… Et même un chauffeur.

Le site de la Dachanglong Paper Company n’étant malheureusement pas accessible depuis la France, le mieux pour en admirer plus est de suivre Jason Torchinsky, l’auteur du papier et cofondateur de The Autopian, jusqu’aux enfers de l’Internet… à savoir Reddit, et ce post auquel il est parvenu à remonter.

Il faudra donc faire avec les copyrights bien visibles sur les images mais on pourra reconnaître pêle-mêle, dans un diaporama à l’attention express des amateurs, une Land Rover, une Tesla, une Porsche décapotable, une Mercedes-Benz… Seule la Twingo, si vous voulez mon avis, est cruellement sous-représentée. 

Preuve s’il en fallait que Renault devrait se trouver de meilleurs lobbyistes.

The Autopian