Les rubriques anarchiques : Votre supplément Loisirs - édition du 28/09/26

Quelques recos du week-end : Gabriel Zucman à l'Assemblée Nationale et une mosaïque romaine géante.

Image d'illustration représentant de sgens qui lisent à la cool un journal sur un échaffaudage

Au sommaire du supplément d'Un Jour En Plus fait de notes rigolotes, de rubriques évolutives et de jolies choses croisées en ligne : des auditions énervantes à l'Assemblée Nationale, une drogue laide et qui se fait passer pour ce qu'elle n'est pas, et l'ouverture au public de la plus grande mosaïque née de l'empire romain.

Mon programme télé : Gabriel Zucman contre les imbéciles hautains

En France en 2026, il y a des gens qui pensent que le niveau d’imposition devrait être proportionnel à nos moyens. Heureusement, une commission d’enquête de l’Assemblée Nationale défend valeureusement les multimilliardaires du pays.

Lors de son audition àl'Assmblée Nationale, Gabriel zucman, en chemise bleue bien boutonnée, boit un verre d'eau.
Capture d'écran YouTube.

Comme tout le monde (n’est-ce pas ?), j’espère que l’on ne va pas oublier cet été de sitôt. Mais je ne voudrais pas non plus que l’on néglige l’autre événement politique de l’année : la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur l’imposition des plus hauts patrimoines et revenus… Ou, comme je préfère l’appeler après visionnage, « Quelques auditions sur la possibilité de peut-être réfléchir à s’il serait éventuellement opportun de suggérer un soupçon de taxation des millionnaires si cela ne les dérange pas », tant les questions et remarques d’une grosse majorité des députés présents (avec beaucoup d’absents et heureusement quelques exceptions) laissent entendre que, franchement, ne soyons pas grossiers.

Le rapporteur et le président de la commission, à leur poste, s'ennuient ferme.
Capture d’écran. Via YouTube.
Vous avez des taxes ? Vous avez des riches ? Alors avec les riches vous faites une base fiscale, et vous mettez des taxes dessus.

Bon, n’exagérons rien : je n’ai pas tout regardé. Je suis faible et, je l’avoue, je me suis contentée d’accorder mon attention aux auditions des économistes Thomas Piketty, connu pour ses recherches sur les inégalités de patrimoine, et Gabriel Zucman, qui a imaginé une taxe qui pourrait les corriger. C’est pourquoi ce sont les deux seules vidéos que je vais intégrer ici. Les autres seront ensuite faciles à trouver, si vous le voulez —elles devraient vous être suggérées dans la foulée et sont sur la page YouTube de notre Assemblée.

Ce sont deux diagnostics sévères de la panne de notre système de répartition. De la vacuité de nos Budgets. Celle de Gabriel Zucman est particulièrement révélatrice. C’est un crève-cœur que d’entendre ce spécialiste de l’économie évoquer poliment toutes les pistes possibles pour rétablir un début de justice fiscale et être accueilli, essentiellement, par des haussements d’épaule, par des soupirs, par le gros sac mou de l’indifférence.

Mais je ne m’attarde pas, sinon je vais m’énerver. Voilà des propos qui, aussitôt proférés, se retrouvent dotés d’une importance historique qui vaut son pesant d’or. Ils pourraient bien venir accompagnés d’une saine colère. Saine parce que pleine de solutions, de pistes et d’avenirs possibles (à garder en tête pour les mois qui viennent, avant qu’ils ne nous assomment).


Message de santé publique : Attention à la pilule Trump (elle tue)

On peut gober Trump en cachetons mais, curieusement, il ne faut pas.

Cachets d'ecstasy ayant la forme de la tête de Donald Trump, mèche comprise.
CC Trimbos Institute.

Même quand il n’y est pour rien, Trump tue. C’est ce que nous confirme l’institut de recherche Trimbos aux Pays-Bas, dans une alerte rouge publiée en urgence à l’attention des consommateurs d’ecstasy (une drogue de synthèse euphorisante).

Même sans avoir jamais suivi la voie de la débauche, vous savez peut-être que les rois du marketing restent les fabricants et distributeurs de drogues en tous genres. L’ecstasy, en l’occurrence, se décline en multitudes de formats. Ses petites pilules (aux risques avérés pour les systèmes nerveux, cardiaque et cognitif) se déclinent dans une farandole de couleurs et de noms attachants : des Pyramides des Bart Simpson, des Arlequin, des Kangourous… (pour citer Les Trois Frères). Parfois, le comprimé lui-même peut être moulé dans une forme adaptée, ou gravé d’un dessin rigolo, comme on peut le voir dans ce véritable musée du cacheton visité par VICE France.

Voilà quelques années qu’était apparue l’ecstasy « Donald Trump » (on en voit d’ailleurs un exemplaire dans l’article de Vice). Mais le retour de celle-ci, à la faveur du second mandat de ce Président décidément très américain, inquiète : si l’on vous propose du Trump, n’en prenez pas. 

Ça n’est pas une plaisanterie, nous explique Associated Press. En effet, cette nouvelle version, testée à plusieurs reprises par l’institut Trimbos, ne contient pas le principe actif habituel de l’ecstasy (la méthylamphétamine, dite MDMA). Mais bien une cousine, la para-méthoxyméthamphétamine (PMMA). 

Les effets sont similaires. Mais la PMMA met plus de temps à agir que la MDMA. Cela peut pousser les consommateurs à en prendre plus, en pensant que leur première prise n’a pas eu d’effet, ce qui accentue le risque de surdose. L’institut ajoute que ces pilules peuvent « conduire à l’hyperthermie, avec des conséquences potentiellement mortelles ».

Même si à l’heure actuelle elle n’a fait aucune victime, il serait dommage d’être la première. 

Sans parler du mauvais trip à prévoir parce que, autant je m’abstiens généralement de juger les consommateurs et consommatrices de stupéfiants, autant il faut bien reconnaître que si en soirée, pour vous amuser, vous gobez du Trump, c’est signe qu’il est temps de consulter. 

AP


L’Italie dévoile une gigantesque mosaïque romaine

La ville de Rome dévoile la plus grande mosaïque du monde romain pour la réouverture du musée des thermes de Trajan. Diaporama.

Fresque de la Cité Peinte dans les thermes de Trajan à Rome (d"tail représentant la cour intérieure d'un palais. Le style est encore naïf et les couleurs passées
Courtesy Sovrintendenza Capitolina

En l’an 109 de notre Ère, le 22 juin exactement m’apprend Euronews, l’empereur Trajan inaugurait à Rome un complexe thermal de 60 000 mètres carrés. Depuis le 12 septembre, ses vestiges accueillent un nouveau musée présentant deux pièces exceptionnelles : la plus grande mosaïque et la plus grande fresque de la civilisation antique, (partiellement) conservées jusqu’à nos jours.

Inauguré par le maire de Rome Roberto Gualtieri (Parti Démocrate), le musée des Thermes de Trajan n’est pour l’instant ouvert que quelques heures par semaine, le temps de mesurer l’effet des visites sur ces pièces archéologiques exceptionnelles que sont la fresque dite « de la ville peinte » —représentant une ville latin imaginaire (ou non identifiée)— et la mosaïque « de la muse et du philosophe » où l’on peut voir notamment une muse et un philosophe, ce qui pourrait expliquer son nom. Connues depuis longtemps des spécialistes mais désormais restaurées, toutes deux sont immenses :

Déjà partiellement visible, la partie mise au jour après la restauration — qui permet d’admirer "le philosophe et d’autres figures d’une qualité artistique extraordinaire", a expliqué Gualtieri — atteint cinq mètres de hauteur. Cependant, les découvertes réalisées sous la décoration ont permis de reconstituer un espace à l’origine beaucoup plus haut, avec des murs qui devaient monter jusqu’à environ douze mètres.
Le maire a ajouté que "ce sont les deux pièces maîtresses, vraiment uniques, que l’on pourra voir et dont on fouillera simultanément les abords, car la Surintendance poursuivra le travail de recherche".

Les thermes de Trajan ayant été construits sur l’emplacement de la détestée « Maison dorée » de Néron, on ignore encore si ces œuvres d’art monumentales ont été commanditées spécifiquement pour être admirées par les citoyens, ou si elles figuraient à l’origine dans la demeure de ce petit bâtard. 

Les voici rien que pour nos yeux.